Association de citoyens qui défendent l'environnement maritime

 
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COMMUNIQUE Landerneau le 12 mai 2013

Quels sont les pouvoirs des capitaines sur les navires marchands face au capitalisme du transport maritime ? Les pilotes signalent-ils aux autorités les navires dangereux, et leurs doutes sur la qualité et la fiabilité de certains navires qui escalent dans les ports ?

Gigantisme des navires oui mais : tous les ports qui peuvent recevoir ces géants sont-ils équipés en moyens nautiques pour assurer la sécurité de ces navires lorsque ces derniers sortent et entrent dans les ports. Les capitaines sont-ils entendus lorsqu'ils demandent des moyens supplémentaires pour assurer la sécurité des marins, des navires et des biens. Les pilotes ne devraient-ils pas être plus attentifs et signaler les navires dangereux qui rentrent et sortent des ports.

Le mardi 7 mai 2013 dans le port de Gênes en Italie, la tour de contrôle du port était heurtée par un navire suite à une panne de moteur. Cette fausse " manœuvre " qui a fait plusieurs morts et disparus et se transforme en drame. Une panne de machine du navire " JOLLY NERO " est dramatique en vie humaine et en dégât matériel. L'association MOR GLAZ sait par ses adhérents de la marine marchande et du remorquage portuaire que quotidiennement les professions portuaires sont confrontées aux pressions du monde économique. Des armateurs qui souhaitent toujours les prestations portuaires au coût le plus bas lors des escales. Certains pseudo-armateurs allant même jusqu'à dicter à leurs capitaine de navire le nombre de remorqueurs à utiliser lors des escales. Les capitaines, les marins et les autorités portuaires sont de nombreuses fois confrontées à l'opposition de la notion de sécurité et de rentabilité. Les donneurs d'ordres qui ignorent tout du réel fonctionnement d'un navire mettent sans arrêt les ports en concurrence souvent au détriment de la sécurité.

Les pilotes de port devraient être moins frileux et signaler les navires dangereux. Un capitaine de navire aussi bon soit-il est bien seul, s'il n'a pas à bord du navire un équipage compétent en particulier à la machine (la bonne marche d'un navire est un travail d'équipe). Les mécaniciens trop souvent recrutés à bas prix et n'ont pas toujours les compétences suffisantes. C'est pourquoi il ne faut pas s'étonner que les moteurs d'un navire stoppent de façon impromptue (Comme cela est arrivé dans d'autres ports y compris à de grands porte-conteneurs avec des conséquences miraculeusement minimes). Tout incident devrait être instantanément communiqué aux autorités, l'omerta n'est pas la solution.

L'association MOR GLAZ dénonce cette fois encore la mondialisation sociale du transport maritime et la concurrence déloyale entre les marins et les ports.

L'association MOR GLAZ dénonce les dérives qui s'instaurent en prétextant vouloir réduire le coût du transport dans l'intérêt du consommateur. En France depuis des années, les effectifs sur les remorqueurs portuaires sont remis en cause (en discussions) pour se conformer à ce qui se ferait ailleurs, comme dans le port de Gênes par exemple.

L'association MOR GLAZ est opposée aux diminutions des effectifs sur tous les navires et plus particulièrement sur les remorqueurs, maillon essentiel de la sécurité maritime. La sécurité maritime commence dans les ports avec des services portuaires fiables et en quantité suffisante, jusqu'où ira le profit du transport maritime international.

l'association MOR GLAZ condamne toutes les politiques maritimes qui permettent " autorisent " aux armateurs d'armer leurs navires avec des effectifs réduits.

L'association MOR GLAZ dénonce pour la énième fois, les sociétés de Manning, les pavillons de complaisance et tout ce qui y ressemble. Trop souvent les marins sont les victimes des gestionnaires invisibles du transport maritime international.