Claude Foko va enfin retrouver sa famille au Cameroun
Le périple brestois du chef mécanicien de l'Ebba Victor est
terminé. Il a quitté Brest ce matin pour enfin retrouver sa
famille à Douala.
Samedi midi, à l'Hôtel des gens de mer, ou une
réception était organisée pour saluer son départ, Claude Foko
affichait un large sourire en montrant son livret maritime qui
officialise à la date du 4 novembre son débarquement du cargo
Ebba Victor. " Je pense que je suis entrain de partir contre
ma volonté par rapport à la société et les amis que j'ai ici.
Ça me fait du mal de partir, mais j'ai des obligations familiales
", relate avec émotion Claude Foko. 18 mois de galère.

C'est le 27 mai 2009 que Claude Foko, chef mécanicien
a embarqué confiant sur l'Ebba Victor, un vieux cargo construit
en 1964 au Danemark. " Le seul calvaire que j'ai supporté, c'est
celui de mon armateur qui m'a fait venir à Brest pour 3 ou 4
mois, et je suis resté presque 2 ans. J'ai vraiment souffert
à bord malgré les travaux et services rendus. Quand je suis
tombé malade, mon armateur m'a dit que la situation familiale
n'était pas une priorité.
J'ai eu beaucoup d'assistance avec les gens de
mer et amis qui m'ont mis à l'abri de tous mes problèmes. Je
suis au bout du tunnel, je rentre chez moi, je remercie toutes
les personnes qui m'ont aidé ", explique Claude Foko, qui à
Douala devrait voir une opportunité d'embauche se concrétiser,
un emploi dans l'offshore chez Bourbon. Le marin quitte Brest
rassuré, samedi matin, l'Ebba Victor a été conduit par les lamaneurs
au 5e bassin Est, une zone sécurisée.
Une solidarité efficace. À l'occasion de cette
amicale réception, Jean-Paul Hellequin, président de l'association
Mor Glaz, ne manquera pas de remercier toutes les personnes
qui ont aidé Claude Foko : le syndicat CGT des Marins de Brest,
François Caillou, coordinateur de l'ITF, les politiques qui
se sont déplacés à bord, les nombreux amis présents sur le quai
et tout naturellement les adhérents de son association qui a
remis un chèque de 5 044 € à Claude. " Nous ne sommes pas là
pour nous substituer à l'armateur ni à l'AGISM qui a remis un
chèque de 1 500 €, mais il était important d'aider Claude. Nous
demandons maintenant à son armateur qui lui paye ce qu'il lui
doit, 5 800 € et que l'Ebba Victor soit vendu. Dans l'immédiat,
les autorités maritimes se sont engagées pour que personne ne
puisse venir à bord du navire. La leçon de cette affaire dans
le port, est que Claude est resté 16 mois sans aide dans des
conditions difficiles. Il y a un manque certain des administrations
qui ne s'occupent pas des situations sociales sur le port explique
Jean-Paul Hellequin.
TEXTE de Jacques CARNEY