Landerneau le 4 octobre 2009
La France manquerait-elle
de contrôleurs sur les quais afin de contrôler un plus grand nombre de navires
qui escalent dans nos ports ?
Paquet Erika III, Grenelle de la mer,
Agence Européenne de Sécurité Maritime (AESM), Organisation Maritime Internationale
(OMI). Tous ces " quotas " à respecter afin de ne pas être pénalisé par l'union
Européenne (UE) et autres commentaires sont bien loin des réalités existantes
sur les quais et des ambitions dans le domaine de la sécurité maritime " affichée
" par la France et l'union Européenne.
Les réductions des effectifs et
les allègements budgétaires des Affaires Maritimes durant ces dernières années
mettent la France dans une situation qui ne lui permettrait pas de tenir ses engagements
et de contrôler suffisamment de navires en escales dans nos ports, lit-on sous
la plume du journaliste Michel NEUMEISTER dans le Journal de la Marine Marchande
(JMM) du 2 octobre 2009.
Mais la France a-t-elle dans ce domaine malgré
le discours officiel déjà tenu ses engagements?
En 2004 l'association
MOR GLAZ déclarait, " affirmait " que les inspecteurs dans les centres de sécurité
des navires étaient insuffisants (y compris avec le retour des papis vacataires)
et qu'ils ne pouvaient contrôler le pourcentage des navires en escale annoncé
à l'époque (32%) par les services de l'Etat. Alors que L'UE en réclamait 25%.
Le trafic maritime n'a cessé d'augmenter durant ces dernières années (plus de
5 Milliards de tonnes en 2008). L'insécurité maritime est bien présente, et loin
d'être maîtrisée, le nombre de navires contrôlés aussi (tout au moins sur les
quais français..... mais dans les autres pays de l'UE comment cela se passe-t-il)).
Les navires sont de plus en plus gigantesques, sophistiqués (parfois très anciens
et dangereux pour certains et pourtant ils naviguent, surtout en période de croissance).
Trop nombreux sont les navires qui naviguent avec des équipages réduits.
Les contrôles des navires doivent donc être de plus en plus nombreux pour des
raisons évidentes, car les risques potentiels aujourd'hui ont changé de dimension
pour l'Homme et l'environnement (plus de produits chimiques, radioactifs et autres
transitent chaque jour par les océans).
Les cargaisons ne sont parfois
pas très bien définies comme celle de l'Arctic-Sea, du l'Ivoli-sun, du MSC Napoli
et de l'Erika etc…….. Tous ces navires précités et autres, avaient-ils été
contrôlés pour correspondre aux quotas et remplir les fiches… étaient-ils tous
aux normes... L'Erika était-il aux normes au départ de Dunkerque… contrôlé par
qui et où...
L'association MOR GLAZ constate que nos remarques étaient
malheureusement fondées et que les catastrophes maritimes successives ne servent
pas toujours de leçon. Les textes s'empilent, les déclarations se succèdent et
sont fracassantes surtout après un naufrage polluant et médiatisé. Mais les réalités
sont tout autres.
Qu'est-ce qui a réellement changé depuis le naufrage
de l'Erika et du Prestige…… L'union Européenne doit non seulement rendre obligatoires
les contrôles mais aussi responsabiliser l'Etat du port dans lequel le navire
a effectué sa dernière escale… responsabiliser fortement l'Etat du pavillon du
navire et les différents acteurs du transport maritime y compris AESM, OMI, les
Etats Membres.
Les contrôles des navires ne sont pas qu'une affaire de
communication ou de quota " de pourcentage " à respecter… c'est une affaire sérieuse.
Les contrôleurs doivent donc être plus nombreux partout en Europe et
plus particulièrement en France, ils doivent aussi avoir plus de moyens, plus
de pouvoirs face aux sociétés de classification et à certains armateurs.
Le
lundi 5 octobre 2009, va s'ouvrir le procès en appel de l'Erika, que pouvons-nous
attendre de ce procès dans le domaine de la sécurité maritime.
Ce manque
de moyens pour effectuer les contrôles des navires de la part de la France est
inacceptable, et démontre que le discours, l'action, la volonté sont très éloignés.
L'association MOR GLAZ demande plus de moyens pour des contrôles plus
sérieux et plus fréquents des navires, pas uniquement pour remplir des fiches,
mais pour rendre les navires plus sûrs pour les marins et l'environnement.
Pour
l'association MOR GLAZ,
le Président, Jean-Paul HELLEQUIN ,