Actualité - Brest le 07 novembre 2003
le
7 novembre 2003 : il y aura un an dans quelques jours que le
PRESTIGE faisait naufrage , Mor Glaz se demande si réellement
les choses ont changé dans le transport maritime international
! ! ! ! ! nous en doutons ! ! ! ! !
Le mardi 13 novembre 2002, le « Prestige » pétrolier
battant pavillon des BAHAMAS âgé de 25 ans, contrôlé
par la société de classification Américan
Bureau of Shipping tombait en avarie de machine au large des
côtes espagnoles avec une déchirure de 35 mètres
dans la coque laissant échapper un fuel n° 2 du même
type que celui que laissa échapper à la mer l
ERIKA le 12 décembre 1999 au large des côtes françaises
causant pour plus d'un milliard d'euros de dégâts.
Le « Prestige » après avoir flâné
sous remorque durant 6 jours a sombré, occasionnant les
catastrophes économique et écologique ( la facture
sera vraisemblablement importante). L'épave fuit toujours
malgré tout ce que l'on peut nous déclarer ( comment
pourrait-il en être autrement puisque des boulettes sont
retrouvées jusqu'à Dunkerque).
Comment est-ce possible que l'Espagne ait aussi mal géré
les premières heures de l'avarie du PRESTIGE, les premières
heures sont celles les plus cruciales ou toutes les bonnes décisions
doivent être prises. Les jours qui suivirent ce naufrage
ont connu tant de la part du Président de la République
française que du Premier ministre espagnol et de bien
d'autres spécialistes, des effets d'annonces de toutes
sortes &. Criminels, voyous des mers, situations intolérables,
double coques, éloignons ces navires dangereux de nos
rivages « cela sera difficile dans le Pas-de-Calais, Gibraltar
et autres détroits &.. ».
Concrètement quelles sont les mesures applicables «
et efficaces » mises en place depuis ces dernières
années, mis à part ces annonces fracassantes &.
et habituelles.
Qu'y a-t-il eu de concret pour supprimer tous les voyous des
mers et autres acteurs montrés du doigt lors de ces derniers
accidents.
La France contrôle pour satisfaire les directives de Bruxelles
plus de 25% des navires en escale dans nos ports,
Comment sommes-nous passés de moins de 10% à
près de 32% avec le même nombre d'inspecteurs et
moins de moyens ( La Fédération de Russie inspecte
plus de 61% des navires en escale dans ses ports, les armateurs
peu sérieux ont plutôt tendance à les faire
contrôler dans ces pays tolérants....)
Comment sont contrôlés les navires dans des ports
comme Le Havre, Marseille, Donges pour ne citer que cela où
des milliers de pétroliers escalent chaque année.
Quels sont les réels moyens et pouvoirs des inspecteurs
face aux toutes puissantes sociétés de classification.
Quel est le nombre de navires arrêtés dans les ports
Français et européens suite à un contrôle
et que deviennent ensuite ces navires, les conditions des marins
qui sont embarqués sur ces navires intéressent-elles
vraiment les autorités.
Les navires listés par l'UE « 112 navires en juillet
2003 » seraient-ils en état pour naviguer ailleurs,
peuvent-ils naviguer dans nos détroits et autres endroits
sensibles, pour notre syndicat ces navires doivent être
détruits. Ils ne doivent pas pouvoir naviguer dans ces
régions où tout est permis où il n y a pas
ou peu de règle.
Affréter un ERIKA ou un PRESTIGE
dans les mêmes conditions cela est-il toujours possible...
Bref rappel :
ERIKA :
propriétaire nominal européen, propriétaire
réel européen, gestionnaire nautique européen,
affréteur à temps européen, affréteur
au voyage européen,
dans quelques mois pavillon européen « avec l'entrée
de Malte dans l'UE »
Pourquoi l'ERIKA n'a-t-il pas été contrôlé
à Dunkerque et ce malgré son facteur de risques...
PRESTIGE :
pavillon Bahamas, assureur Angleterre, armateur Libéra
siège en Grèce, propriétaire Libéria
affréteur en suisse, dernière inspection au Pays-Bas
facteur de risques élevés.
Ces façons de procéder sont-elles restées
possible malgré ces naufrages médiatisés....et
les 150 navires de plus de 50 mètres qui ont fait naufrages
depuis celui du PRESTIGE.
Nous craignons que les mêmes sociétés de
classification ne contrôlent « avec le même
sérieux »les navires pour les mêmes armateurs
et les trouvent toujours aptes aux voyages.
Mor Glaz demande :
*de vraies mesures, de vraies lois les mêmes pour tous,
contre tous les contrevenants qui se rendent coupables de délinquance
à l'encontre des marins, de la sécurité
maritime, de la mer, de la flore, de la faune marine, de pollutions
volontaires et autres méfaits...
*que l'Etat du pavillon du navire soit responsabilisé
ainsi que l'Etat du port qui a contrôlé le dernier
le navire.
Si toutes ces mesures, ces règles ne sont pas appliquées,
toutes les bonnes volontés ne serviront pas à
grand chose.
Pour éliminer les mauvais acteurs du transport maritime
il faut un courage politique, une réelle volonté
de vouloir supprimer tous ceux qui nuisent aux bons armateurs
et aux marins.
Mor Glaz est la seule association
qui ait défendu l'agence européenne de sécurité
maritime en France et à Brest pour des raisons évidentes
et réalistes.
Pour nous l'agence européenne de sécurité
maritime doit avoir de réels pouvoirs face aux pseudo
armateurs et autres mauvais acteurs du transport maritime «
assureurs, affréteurs etc.... » mais aussi face
à l'OMI et à tous ces organismes qui nuisent plus
qu'ils ne construisent pour un transport maritime plus sûr.
Ce moyen de transport permet 85% des échanges mondiaux
et doit permettre au cabotage de se développer dans de
bonnes conditions.
L'agence européenne de sécurité maritime
doit imposer des règles, les mêmes qu'aux Etats
Unis avec des garanties financières en cas d'accident
pour les populations du littoral, les professionnels qui vivent
de la mer, pour la faune et la flore marine. Notre association
Mor-Glaz revendique un siège
à l'agence européenne de sécurité
maritime.
L'agence européenne de sécurité maritime
doit imposer des lieux refuges tout au long du littoral français
et européen et ne doit pas être une administration
de plus ou un leurre.
L'agence européenne de sécurité maritime
n'est pas un moyen de plus au service des armateurs pour aider
ou laisser créer des pavillons type RIF.
Quelques information sur le nombre de navires qui ont fréquenté
le port du Havre ces dernières années sources
port autonome du Havre.
En 2000 7250 navires
En 2001 7350
En 2002 7050
En 2003 7250 (chiffre prévisionnel) Comment tous ces
navires ont-ils pu être contrôler de manière
sérieuse.
Texte de J-Paul Hellequin
Président de l'association Mor Glaz