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Le Moulin de l'Ile d'Arz Le site : Un moulin à marée nécessite un site protégé des vents dominants pour que la digue ne subisse pas trop le travail de sape de la mer mais aussi un plan de retenue et un marnage important pour le stockage des eaux. Le Golfe du Morbihan répondant parfaitement à ces exigences, de nombreux moulins à marée furent construits à partir du XII ème siècle sur la côte mais un seul sur une île : celui de Berno sur l'Ile d'Arz. La digue : Pour créer la retenue d'eau de 13 hectares, il a fallut construire une digue de 308 mètres de long. Cette digue, dont la largeur varie entre 2,90 m et 5,10 m et la hauteur entre 1,50 m et 2,90 m, est constituée de deux murs de pierres entre lesquels de la vase dure, de la glaise et des cailloux servent de liant et assurent l'étanchéité. Ce type de construction ne peut perdurer qu'à condition de l'entretenir régulièrement, ce qui fut fait au cours des siècles par les différents meuniers et propriétaires. Malheureusement, laissée à l'abandon depuis une quarntaine d'années, elle s'est écroulées aux trois quarts par suite des intempéries et d'actes de vandalisme. Les vannes : La digue est percée d'un pertuis de 1,87 m de large pour laisser entrer la mer au moment du flot. De la fin du XIX ème siècle jusqu'au milieu du XX ème siècle, ce pertuis était fermé par une porte en bois pivotant autour d'un axe transversal. De la basse mer à la pleine mer, le courant soulevait progressivement le bas de la porte à partir du moment où l'eau était au même niveau des deux côtés. L'eau Remplissait ainsi l'étang jusqu'au moment de la pleine mer. Dès que la mer baissait, la porte se fermait par pression de l'eau dans l'étang. Ce système avait pour avantage de ne soliciter aucune intervention humaine pour régler le niveau de l'eau intérieur. Le canal d'écoulement de l'eau appelé "coursier" était commandé par une petite vanne d'environ 50 cm de large située le long du pignon Est du moulin et alimentant la roue. Le moulin : Le moulin est situé à environ 130 m de la berge Ouest. Le pignon Est est percé d'une porte d'un mètre de haut sur 70 cm de large appelée "poterne". Cette poterne sert à laisser passer l'axe de la roue. Dans la façade Nord, une autre poterne de 1,40 m de haut sur 70 cm de large donne accès au sous-sol, ou "caveau", pour contrôler le mechanisme et l'entretenir. Cette ouverture permet également à l'eau de s'évacuer plus rapidement et de ne pas stagner sous le plancher. Le plancher était posé sur de grosses poutres en chêne. La charpente était également en chêne et supportait déjà au XVIII ème siècle un toit en ardoises. La roue : L' eau, libérée par la petite vanne, s'engage avec force dans le coursier, passe sous la roue à palettes et la fait tourner. La roue d'un diamètre d'environ 2 m est renforcée par de forts rayons en chçene mortaisés dans l'arbre de couche. Les palettes en sapin sont fichées dans la jante de 15 à 20 cm de section. L' arbre de couche de la roue est une grosse pièce en chêne pénétrant sous le plancher du moulin par la poterne du pignon Est. Diamétralement opposé à la roue extérieure, le rouet, appelé également "roue d'angle", est garni de dents en bois dur et fait tourner le "pieds de bois" solidaire de la meule coureuse. Information tiré du site du Chantier du Guip situé à l'ile aux Moines ayant participé à la rénovation du moulin |